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Magicien Zappeur Propos d'Otto

Otto Portrait

 (par Christian de Miégeville)

Réfugié dans l’illusion, Otto Wessely livre quelques vérités sur l’enfance avec un recul touchant. La Reine des arts a enfanté un Fou du roi ! Pas si fou que cela notre Otto…

Christian de Miègeville

On ne rencontre pas tous les jours un magicien qui ingurgite autant de lames de rasoir. Otto Wessely est d’origine autrichienne. Enfant c’est un solitaire. Il explique que l’enfance doit être la période la plus heureuse de la vie d’un homme. " Je suis sorti d’une sorte d’engourdissement , de l’autisme avec la magie, la scène et les produits illicites. Je regrette la séparation qui existe entre enfants et adultes. Souvent les adultes ne comprennent rien. Jean Schmoll qui vient de mourir à 82 ans était resté enfant : curieux, naïf, c’était un des meilleurs magiciens en France. Mon père spirituel. Alain Bernardin, le patron du Crazy Horse, à 70 ans, était allumé comme un gosse de 10 ans. J’espère que j’aurai le bonheur de rester enfant mais , parmi les autres, c’est dur de vouloir le rester. Première communion... Dans cette société tout est fait pour gagner sa vie, être raisonnable. Il faut travailler pour sa retraite et moi j’espère rester enfant à travers mon métier. Un enfant c’est un être hyper honnête, intransigeant. Lorsqu’un enfant est hypocrite ou menteur, c’est qu’il l’a vu chez les autres : il imite ou alors c’est un jeu. Un enfant c’est curieux, sans pitié, on ne peut pas tricher avec lui lorsqu’il s’est forgé une opinion. J’ai un fils merveilleux qui se nomme Thomas ; On ne peut pas dire si j’ai réussi ou raté ma vie, mais j’ai réussi à 100% cet enfant. Avec lui, j’ai son âge ou il a le mien. Ce n’est plus mon fils, c’est un copain. Il est tout à fait différent de moi, plus sage, plus discret. Il faut respecter un enfant, l’aider à grandir pour qu’il aille dans sa propre direction. Moi, on ne m’a pas respecté quand j’étais petit. Tout naturellement je me suis tourné vers la magie. Dans une librairie j’ai découvert un ouvrage : " Die Zauber schneller lerno " (la magie vite apprise) . Pour me faire des copains, j’ai fait de la magie pour les épater. Plus maintenant ".
A sa majorité, Otto travaille en boîte de nuit et dans les fêtes foraines pendant plus de sept ans. A 25 ans il s’embarque pour l’Angleterre et , à Londres, il gagne le premier prix dans un congrès de magie . Ravi il croit qu’il va cartonner. Aucune porte ne s’ouvre. Il sera dégoûté à l’avenir de tout concours de magie. Il décide de retourner à Vienne, penaud. Manquant d’argent, il s’arrête à Paris. Le soir même il trouve du travail au de Monsieur Bernardin ... " Lucky Strip " et y reste deux ans. Dans les années 75, il court les cabarets parisien et passe à l’Olympia en première partie de Michèle Torr. Bruno Coquatrix dira de lui " sa dextérité n’a d’égal que son humour et son dynamisme ". Après plusieurs tournées où il se produira dans les grandes capitales du monde, des télévisions au Japon, l’Afrique du Sud régulièrement, il s’arrête un an au Hilton de Las Vegas. De retour à Paris en 1983, c’est " La Révolte des Colombes " au théâtre Fontaine et à celui de Dix Heures. Avec ce spectacle il crée un genre nouveau tout à fait déroutant. Est ce du café théâtre, du cirque ou du cabaret ? Entre ses mains, l’illusion acquiert bien souvent le frémissement de l’enfance. A partir de 1985, on peut l’applaudir quatre longues années au Crazy Horse. Ceux qui ont vu comme moi  " La Révolte des Colombes ", retrouveront dans " Strip Joker " un Otto toujours mobile, virevoltant, déroutant. L’artiste aujourd’hui après plus de dix années entre les deux spectacles, est devenu plus philosophe, nostalgique, en un mot plus humain .